<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>pages sauvages</title><link>http://pagessauvages.canalblog.com/</link><description>Carnets de voyage, dessins d&apos;apr&#xe8;s nature... Dans une jungle de croquis, seules les esquisses les plus vivaces atteignent la lumi&#xe8;re vers la Canop&#xe9;e.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 15 Nov 2009 07:26:01 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Comme je ne suis pas en voyage en ce moment...</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2008/02/08/7876606.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2008/02/08/7876606.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7876606/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2008/02/08/7876606.html</guid><description>&lt;p&gt;... Venez voir mes illustrations sur:&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mesplanches.canalblog.com&quot;&gt;www.mesplanches.canalblog.com&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;A tout de suite!&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 08 Feb 2008 12:21:00 GMT</pubDate></item><item><title>Mui ne</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/09/04/6101566.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/09/04/6101566.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/6101566/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/09/04/6101566.html</guid><description>&lt;p&gt;Mui ne est une plage entre Ho chi minh et Nha Trang, &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de Phan Thiet, un endroit paisible envahi d&apos;h&#xf4;tels, de cocotiers et de touristes quand vient la saison s&#xe8;che. &lt;br /&gt;Hung est manager de l&apos;h&#xf4;tel Hai gia, que j&apos;ai d&#xe9;couvert peu apr&#xe8;s son ouverture. &lt;br /&gt;Comme l&apos;h&#xf4;tel est excentr&#xe9;, il &#xe9;tait peu connu et peu fr&#xe9;quent&#xe9; &#xe0; ses debuts. Aujourd&apos;hui, je ne sais pas ce qu&apos;il en est, mais je pense qu&apos;il a d&#xfb; grandir en notori&#xe9;t&#xe9;. Quoiqu&apos;il en soit, il y a donc environs trois ans de cela, je d&#xe9;barque pour la premi&#xe8;re fois dans ce petit paradis baln&#xe9;aire qu&apos;est Mui ne. Bon, paradis c&apos;est vite dit... Pour que ce soit parfait, il faut bien s&#xfb;r fermer les yeux sur la pollution des plages au petit matin et sur la d&#xe9;charge &#xe0; ciel ouvert cach&#xe9;e sur les hauteurs de la ville. &lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;373&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/05/75/169263/16706776.jpg&quot; alt=&quot;Hung_et_Thi&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin vers 6h30 donc, peu apr&#xe8;s mon r&#xe9;veil, je fl&#xe2;ne sur la gr&#xe8;ve en regardant les p&#xea;cheurs tirer leurs filets depuis la plage.&lt;br /&gt;Je m&apos;approche pour &#xe9;tudier leur p&#xea;che de plus pr&#xe8;s. Il ram&#xe8;nent en quantit&#xe9; &#xe9;gale autant de petits poissons, de crustac&#xe9;s et de mollusques que de d&#xe9;chets plastiques en tout genre. La mer est providentielle, elle pourvoie vraiment &#xe0; tous leurs besoins... Evidemment les pots de yaourts sont vides, les bouteilles ont &#xe9;t&#xe9; bues et les sachets sont remplis d&apos;algues. Sans &#xe9;tat d&apos;&#xe2;me, les hommes de la mer n&apos;emm&#xe8;nent avec eux que les animaux pi&#xe9;g&#xe9;s et laissent derri&#xe8;re eux les produits de supermarch&#xe9; que la mar&#xe9;e montante se chargera de faire dispara&#xee;tre; ou moi, ou les autres, ou personne. &lt;br /&gt;Le matin suivant, surprise, je d&#xe9;couvre le staff de l&apos;h&#xf4;tel en plein nettoyage. &lt;br /&gt;Les trois jeunes employ&#xe9;s ne ratissent pas toute la plage, ce serait trop beau, mais s&apos;occupent au moins de ramasser les d&#xe9;tritus devant leur porte. Je les vois qui consciencieusement balayent, regroupent et entassent. J&apos;aurais bien envie de leur expliquer que les coquillages sont des &#xe9;l&#xe9;ments biod&#xe9;gradables qu&apos;ils peuvent laisser sur le sable, mais je pr&#xe9;f&#xe8;re ne pas ent&#xe2;mer leur enthousiasme. Au lieu de me perdre en le&#xe7;on de morale, je viens les rejoindre et participe &#xe0; l&apos;effort collectif. lls se demandent bien pourquoi je perds mon temps avec eux et tentent de me dissuader de leur donner un coup de main, mais je me sens l&apos;&#xe2;me l&#xe9;g&#xe8;re et j&apos;ai repris confiance en l&apos;humanit&#xe9;. Je les aide &#xe0; creuser un trou dans l&apos;all&#xe9;gresse g&#xe9;n&#xe9;rale. Le tas d&apos;immondice est impressionnant, &#xe7;a va faire du bordel dans le vide ordure! On n&apos;a vraiment pas l&apos;impression d&apos;avoir bosser pour rien, la nature va s&apos;en trouver r&#xe9;g&#xe9;n&#xe9;r&#xe9;e et nous aussi par la m&#xea;me occasion. &lt;br /&gt;Les oiseaux sifflotent gaiement, le vent souffle dans les cocotiers et les m&#xe9;duses glougloutent dans le clapotis des vagues.&lt;br /&gt;Et puis comme un souffl&#xe9; navrant qui se racrapote &#xe0; l&apos;ouverture du four, ils enterrent les d&#xe9;chets sous 30 cms de sable et retournent tranquillement &#xe0; l&apos;h&#xf4;tel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;375&quot; height=&quot;544&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/04/08/169263/16708427.jpg&quot; alt=&quot;vente_de_nuoc_mam_a_mui_ne&quot; /&gt;&lt;br /&gt;De l&apos;autre c&#xf4;t&#xe9; de la route, devant le portail de l&apos;h&#xf4;tel, on peut acheter du nuoc mam, une sauce faite &#xe0; base de poisson. Ce sont des poissons p&#xea;ch&#xe9;s dans les eaux sal&#xe9;es de Mui ne. &lt;br /&gt;Alors si vous vous ratatinez une dent sur une pi&#xe8;ce de moteur ou avalez un morceau d&apos;emballage plastique en mangeant un plat dans un restaurant vietnamien, n&apos;appelez pas les services d&apos;hygi&#xe8;ne, ne vous vengez pas sur le serveur, ne blamez pas le cuistot, ils n&apos;y sont pour rien. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 04 Sep 2007 13:23:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le caf&#xe9; &#xe0; lunettes</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/06/4545451.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/06/4545451.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/4545451/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/06/4545451.html</guid><description>&lt;p&gt;Trois &#xe0; quatre matins par semaine, Bono et moi allions dans le parc Tao dan, situ&#xe9; au croisement des rues Nguyen trai et Cach mang thang tam. Bono, que tous les vietnamiens appelaient ainsi car il leur &#xe9;taient impossible de prononcer Bruno, &#xe9;tait mon professeur d&apos;arts martiaux. Nous nous &#xe9;tions rencontr&#xe9;s trois mois plus t&#xf4;t, le jour pile de mon arriv&#xe9;e &#xe0; Ho chi minh et &#xe9;tions rapidement devenus amis. &lt;br /&gt;A l&apos;ombre des grands arbres du parc, Bono m&apos;enseignait ses techniques, me poussant souvent &#xe0; aller au-del&#xe0; de mes limites, me prouvant d&apos;abord qu&apos;avant de les atteindre il faut se surpasser et ensuite que la plupart des obstacles sur lesquels on croit buter sont plus mentaux que physiques. &lt;br /&gt;Autour de nous, d&apos;autres groupes de personnes pratiquaient avec assiduit&#xe9; leurs exercices matinaux. Il y avait des joueurs de badminton, des gens de tous les &#xe2;ges qui couraient &#xe0; leur rythme, parfois en crabe ou &#xe0; l&apos;envers, des jeunes qui venaient l&#xe0; pour flirter sur les bancs, des vieux qui sirotaient leur caf&#xe9; en faisant des parties d&apos;&#xe9;chec.&lt;br /&gt;Des curieux s&apos;arr&#xea;taient parfois pour nous observer ou engager la conversation avec nous. Bono les invitait &#xe0; nous rejoindre et &#xe0; prendre part &#xe0; nos entra&#xee;nements quasi quotidiens. Il accueillait tous ceux qui en avaient envie, il ne demandait rien en &#xe9;change de son enseignement. Comme il avait la manie des surnoms, qu&apos;il attribuait naturellement dans la foul&#xe9;e d&apos;une rencontre, il finissait par en oublier carr&#xe9;ment le pr&#xe9;nom de ses &#xe9;l&#xe8;ves.&lt;br /&gt;Une fille souriante, qui assimilait les encha&#xee;nements avec une facilit&#xe9; d&#xe9;concertante, avait &#xe9;t&#xe9; surnomm&#xe9;e lunettes. L&apos;appeler ainsi &#xe9;tait devenu une habitude, si bien qu&apos;il nous fallut plus de trois mois avant de nous r&#xe9;veiller et chercher &#xe0; savoir comment elle s&apos;appelait vraiment. Elle nous l&apos;avait certainement dit lors du jour de notre rencontre, mais il est vrai qu&apos;entre son anglais approximatif et notre vietnamien laborieux, il y avait eu quelques rat&#xe9;s. &lt;br /&gt;Elle s&apos;appelait Nga. &lt;br /&gt;Elle &#xe9;tait &#xe9;tudiante en &#xe9;cole d&apos;infirmi&#xe8;re et travaillait parfois dans le petit caf&#xe9; de son fr&#xe8;re. A partir du moment o&#xf9; nous dev&#xee;nmes bons amis, j&apos;y allai r&#xe9;guli&#xe8;rement pour la retrouver et y boire un xa xi ou un Cam vat. Elle &#xe9;tait d&apos;une g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; rare, une qualit&#xe9; que j&apos;ai retrouv&#xe9; par ailleurs chez bon nombre de mes autres amis vietnamiens. C&apos;est elle qui m&apos;apprit mes premiers vrais rudiments de vietnamien. Elle &#xe9;tait toujours disponible et me rendait grandement service lorsque j&apos;avais besoin d&apos;aide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;369&quot; height=&quot;526&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;nga_cafe&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/49/05/169263/11980825.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caf&#xe9; tenu par son fr&#xe8;re, donnait sur une rue perpendiculaire &#xe0; la rue Nguyen trai. L&apos;&#xe9;troitesse du local et la d&#xe9;co r&#xe9;duite &#xe0; son minimum &#xe9;taient remarquables. Il y avait quelques guirlandes en plastique suspendues, deux ou trois posters de paysages aux couleurs outrageusement criardes et sur les tables, on pouvait admirer le visage d&apos;une star de la chanson ou au choix, les galbes bien carross&#xe9;es d&apos;une voiture de sport. La st&#xe9;r&#xe9;ophonie du plus bel effet &#xe9;tait assur&#xe9;e par deux t&#xe9;l&#xe9;visions qui tr&#xf4;naient dans l&apos;entr&#xe9;e et le fond de la pi&#xe8;ce. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;538&quot; height=&quot;360&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/93/50/169263/11981083.jpg&quot; alt=&quot;breakfast&quot; /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;y avais mes habitudes et y allais presque tous les matins y prendre mon petit d&#xe9;jeuner. Nga &#xe9;tait pr&#xe9;venante et me faisait go&#xfb;ter &#xe0; toutes sortes de fruits press&#xe9;s qu&apos;elle me pr&#xe9;parait, m&#xea;me si ce n&apos;&#xe9;tait pas au menu. J&apos;aimais particuli&#xe8;rement le jus de fruit de la passion. Avec le temps, nous avions consolid&#xe9;s de vrais liens d&apos;amiti&#xe9;. Petit &#xe0; petit ses &#xe9;tudes l&apos;ont rattrap&#xe9; et de stages en fin d&apos;ann&#xe9;e, elle a fini par obtenir son dipl&#xf4;me. &lt;br /&gt;Aujourd&apos;hui Nga travaille au V.N. Hospital dans le septi&#xe8;me district, o&#xf9; elle c&#xf4;toie quotidiennement des m&#xe9;decins fran&#xe7;ais et vietnamiens. Elle porte toujours ses lunettes et &#xe7;a lui va bien.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 06 Apr 2007 09:08:00 GMT</pubDate></item><item><title>Une petite rue perpendiculaire &#xe0; la rue Su van hanh</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/05/4534047.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/05/4534047.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/4534047/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/05/4534047.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;391&quot; height=&quot;567&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/65/24/169263/11948503.jpg&quot; alt=&quot;su_van_hanh&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 05 Apr 2007 06:41:41 GMT</pubDate></item><item><title>La rue Do quang dau, vue du caf&#xe9; Mai xuan</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/01/4489830.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/01/4489830.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/4489830/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/04/01/4489830.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;594&quot; height=&quot;410&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;do_quang_dau&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/81/26/169263/11948485.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 31 Mar 2007 22:33:00 GMT</pubDate></item><item><title>Commitment</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/03/18/4350435.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/03/18/4350435.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/4350435/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/03/18/4350435.html</guid><description>&lt;p&gt;Cela faisait 10 mois que je vivais dans la rue Bui vien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre mes amis vietnamiens, Huong, Tai, Nga, Khang, Thuyen, Hien, Linh et les autres, je voyais r&#xe9;guli&#xe8;rement quelques amis fran&#xe7;ais. Il y avait bien s&#xfb;r Bono, mon pote et professeur de kung-fu et Laurence, institutrice &#xe0; l&apos;&#xe9;cole fran&#xe7;aise de Saigon. En dehors de ceux l&#xe0;, dans le petit monde des &#xe9;trangers qui vont et
viennent, les amiti&#xe9;s &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;res se cr&#xe9;ent le temps d&apos;un s&#xe9;jour et se d&#xe9;font au
moment des d&#xe9;parts. &lt;br /&gt;Depuis peu pourtant, des voyageurs venus de diff&#xe9;rents horizons s&apos;&#xe9;taient &#xe9;tablis durablement dans mon quartier et de rencontres en pr&#xe9;sentations, une bande d&apos;amis se f&#xe9;d&#xe9;ra petit &#xe0; petit. &lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;418&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/87/97/169263/11425192.jpg&quot; alt=&quot;Vietnam_Australia&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Un jour que je discutais avec Tao, l&apos;ami avec lequel je buvais presque tous les matins mon caf&#xe9;, deux personnes entr&#xe8;rent dans mon h&#xf4;tel pour y prendre une chambre. Chris l&apos;australien venait s&apos;installer au Vietnam avec sa m&#xe8;re, qui avait trouv&#xe9; un poste d&apos;english teacher dans une &#xe9;cole du district 7. Elle paraissait plus jeune que son &#xe2;ge et lui plus vieux, si bien que les premiers jours, je cru qu&apos;ils formaient un couple. Chris avait d&#xe9;j&#xe0; beaucoup voyag&#xe9;. Par moment, cach&#xe9; derri&#xe8;re ses lunettes noires, il faisait penser &#xe0; Mick Jagger. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;390&quot; height=&quot;580&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/94/59/169263/11426348.jpg&quot; alt=&quot;Daniel&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Il me pr&#xe9;senta &#xe0; Daniel venu de New York, que je rencontrai un midi en train de manger ce qui &#xe9;tait son plat favori, des oeufs brouill&#xe9;s aux l&#xe9;gumes. Chaque jour &#xe0; la m&#xea;me table, dans le m&#xea;me restaurant, il d&#xe9;gustait ce m&#xea;me repas. J&apos;ai cherch&#xe9; plus d&apos;une fois &#xe0; le tirer de sa routine, mais il disait &amp;quot;A quoi bon go&#xfb;ter autre chose, puisque cela me convient?&amp;quot;. Au-del&#xe0; de cette simple anecdote, Daniel &#xe9;tait quelqu&apos;un d&apos;attachant malgr&#xe9; son c&#xf4;t&#xe9; plan-plan. Francophile, il &#xe9;tait ravi d&apos;avoir fait ma connaissance et c&apos;&#xe9;tait r&#xe9;ciproque. Nous aimions boire le mauvais vin rouge servi dans le seul caf&#xe9; am&#xe9;ricain de la rue, pendant qu&apos;il se concentrait sur sa grille de sudoku. Il venait l&#xe0; tous les soirs &#xe0; heures r&#xe9;guli&#xe8;res. Une serveuse lui plaisait, il cherchait &#xe0; se rapprocher d&apos;elle. &lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;427&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;japan&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/42/89/169263/11426769.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce m&#xea;me caf&#xe9;, Daniel me pr&#xe9;senta &#xe0; Chifumi, une charmante miniature en recherche d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e d&apos;un boyfriend. Sous ses airs espi&#xe8;gles, qui aurait cru qu&apos;elle avait 40 ans? Elle &#xe9;tait par hasard l&apos;amie d&apos;une de mes meilleures amies Japonaise, Hiroko, qui travaillait dans une agence de voyage de la rue De Tham toute proche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n&apos;&#xe9;tait pas rare que tout ce petit monde se retrouve autour d&apos;un verre, sous le soleil de Saigon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroko, avait un copain Cor&#xe9;en qui lui en faisait baver. Leurs disputes &#xe9;taient r&#xe9;currentes et parfois violentes. Hiroko qui n&apos;avait pas perdu le nord, me dit un jour &#xe0; haute voix ce que je soup&#xe7;onnais en creux. Malgr&#xe9; les bleus, elle restait avec lui pour la s&#xe9;curit&#xe9; financi&#xe8;re qu&apos;il lui offrait. &lt;br /&gt;Elle avait une tr&#xe8;s belle voix et cherchait &#xe0; se produire en tant que chanteuse. Un soir, &#xe0; ma grande surprise, alors que nous &#xe9;tions dans un club de Jazz un peu select, elle demanda &#xe0; monter sur sc&#xe8;ne. Elle devait avoir confondu le lieu avec un karaoke et s&apos;empara du micro. J&apos;&#xe9;tais m&#xe9;dus&#xe9;. Elle entonna &amp;quot;Fly me to the moon&amp;quot; accompagn&#xe9;e par l&apos;orchestre. Ce fut un grand moment.&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;427&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Saigon_new_york&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/42/37/169263/11426807.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;A quelques heures de son d&#xe9;part pour New York, o&#xf9; elle esp&#xe9;rait percer dans le monde de la chanson, elle vint me voir &#xe0; mon h&#xf4;tel. Elle s&apos;allongea sur le lit et s&apos;endormit, comme fatigu&#xe9;e par les incessantes crises de son couple. D&apos;ailleurs &#xe0; ce propos ou non, juste avant de l&apos;accompagner &#xe0; l&apos;a&#xe9;roport, son boyfriend lui fit une nouvelle sc&#xe8;ne de jalousie, sa derni&#xe8;re aussi.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 18 Mar 2007 17:22:00 GMT</pubDate></item><item><title>Cafe pho bien</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/03/07/4230775.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/03/07/4230775.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/4230775/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/03/07/4230775.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;322&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/95/73/169263/11085200.jpg&quot; alt=&quot;can_gio_pho_bien_72&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;&#xe9;tait un jour &#xe0; Can gio, dans un petit village de p&#xea;cheur. J&apos;&#xe9;tais venu en moto avec des amies, Hien, Vy et Thu, en vir&#xe9;e pour le week end. &lt;br /&gt;Pendant qu&apos;elles discutaient entre elles, je m&apos;&#xe9;tais mis &#xe0; dessiner le caf&#xe9; pr&#xe8;s de la plage (un bel endroit o&#xf9; je me rappelle avoir bu plus que de raison avec les trois filles). Le propri&#xe9;taire s&apos;est approch&#xe9; et m&apos;a pri&#xe9; de lui offrir le dessin. Il m&apos;a promis de l&apos;accrocher au mur si je le lui donnais. Sa proposition flattait un peu mon &#xe9;go. J&apos;ai h&#xe9;sit&#xe9; un moment et puis je me suis laiss&#xe9; convaincre. Je me suis dit qu&apos;&#xe0; d&#xe9;faut de m&apos;apporter la gloire et la cons&#xe9;cration, &#xe7;a me ferait peut &#xea;tre au moins plaisir de savoir que des gens pourraient l&apos;admirer de temps &#xe0; autres. &lt;br /&gt;Seulement, quand je suis revenu deux mois plus tard, il n&apos;avait pas tenu parole et le dessin devait tra&#xee;ner quelque part, oubli&#xe9;&amp;nbsp; dans un coin avec ses belles promesses.&lt;br /&gt;Il se trouve qu&apos;aujourd&apos;hui le caf&#xe9; n&apos;existe plus, il a &#xe9;t&#xe9; ras&#xe9;. Mon original a disparu et le seul vestige qu&apos;il en reste, c&apos;est une photocopie. Avant d&apos;abandonner mon dessin, j&apos;avais quand m&#xea;me pens&#xe9; &#xe0; en faire une reproduction.
&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Tue, 06 Mar 2007 23:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>Thuy</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/02/12/3983842.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/02/12/3983842.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/3983842/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2007/02/12/3983842.html</guid><description>
&lt;p&gt;Quand je rencontre Thuy pour la premi&#xe8;re fois, c&apos;est en allant manger un pho bo kho dans un petit resto de la rue Bui Vien. Elle est serveuse. J&apos;y reviens plusieurs fois parce que je trouve les soupes plut&#xf4;t bonnes et c&apos;est ainsi que nous faisons connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img width=&quot;320&quot; height=&quot;545&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;10423572&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/52/04/169263/11428260.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, je lui demande de poser pour moi. Elle s&apos;assoit de profil. Je m&apos;applique pour qu&apos;elle ne soit pas d&#xe9;&#xe7;ue du r&#xe9;sultat. Elle semble ravie de se pr&#xea;ter au jeu. Je ne lui offre pas le portrait, mais je lui propose une photocopie en &#xe9;change, qu&apos;elle accepte. &#xc7;a parait &#xe9;go&#xef;ste, mais en g&#xe9;n&#xe9;ral les gens ne s&apos;offusquent pas. &lt;br /&gt;Ce qui est frappant lors de ces brefs moments, c&apos;est de constater que pour les mod&#xe8;les, le plus important n&apos;est pas tant de poss&#xe9;der un original, que d&apos;&#xea;tre pour un instant le lieu de convergence de tous les regards alentour. Ce type de performance est tr&#xe8;s f&#xe9;d&#xe9;rateur et les curieux ne se font pas pri&#xe9;s pour s&apos;attrouper. Le face &#xe0; face se transforme parfois en m&#xea;l&#xe9;e et pour la concentration, le bain de foule peut avoir des cons&#xe9;quences variables. Soit la pression vous fait perdre vos moyens, soit elle vous motive. Pour l&apos;artiste agoraphobe &#xe9;ventuel, Saigon n&apos;est pas la ville la plus reposante qui soit, mais une strat&#xe9;gie &#xe9;prouv&#xe9;e consiste &#xe0; sortir ses crayons &#xe0; l&apos;heure de la sieste, ce que je fis ce jour-l&#xe0;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/15/36/169263/11428392.jpg&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/15/36/169263/11428392_p.jpg&quot; alt=&quot;Thuy&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passant et mes d&#xe9;couvertes culinaires &#xe9;voluant, Je ne revins plus souvent dans le restaurant. Je passais une fois par hasard devant et j&apos;appris que Thuy avait quitt&#xe9; son travail.&lt;br /&gt;Je la revis par co&#xef;ncidence un mois plus tard.&lt;br /&gt;C&apos;&#xe9;tait un matin, elle &#xe9;tait assise &#xe0; l&apos;entr&#xe9;e de mon h&#xf4;tel, &#xe0; regarder les motos d&#xe9;filer dans la rue. Je ne sais pas qui de nous deux fut le plus surpris de ces retrouvailles. Nous nous salu&#xe2;mes comme de vieux amis. La propri&#xe9;taire de l&apos;h&#xf4;tel qui me connaissait bien en fut amus&#xe9;e. A partir de ce jour, nous risquions de nous croiser r&#xe9;guli&#xe8;rement dit-elle, Thuy &#xe9;tait la nouvelle femme de m&#xe9;nage de l&apos;h&#xf4;tel.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 12 Feb 2007 17:21:00 GMT</pubDate></item><item><title>Rencontre &#xe0; Hoi-An, An-Hoi</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2006/12/29/3541964.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2006/12/29/3541964.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/3541964/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2006/12/29/3541964.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;377&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;An_Hoi&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/61/169263/9197697.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis install&#xe9; sur la terrasse de la maison de mon ami Thanh &#xe0; An-Hoi.&lt;br /&gt;Il est juste derri&#xe8;re moi et regarde le dessin que je fais de sa rue. C&apos;est
encore tr&#xe8;s sauvage, mais &#xe7;a ne le restera plus tr&#xe8;s longtemps, comme en
t&#xe9;moigne le changement radical qui s&apos;est op&#xe9;r&#xe9; dans cette partie de la ville
depuis ma derni&#xe8;re venue ici, il y a quatre ans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, C&apos;est Hoi-An, mais Thanh habite An-Hoi. Les deux mots qui forment le nom
de la ville basculent selon que l&apos;on se trouve d&apos;un c&#xf4;t&#xe9; ou de l&apos;autre de la
rivi&#xe8;re. Hoi-An est un endroit tr&#xe8;s couru pour son architecture traditionnelle pr&#xe9;serv&#xe9;e
et pour ses ateliers de confection de la soie. C&apos;est tr&#xe8;s authentique et par
cons&#xe9;quent tr&#xe8;s touristique. Les commerces tirent profit de cette manne et les
tailleurs y pullulent. On dit qu&apos;on y trouve les meilleurs artisans de tout le
Vietnam et que les prix y sont tr&#xe8;s comp&#xe9;titifs. Seulement aujourd&apos;hui, le
nombre de magasins de v&#xea;tements y est si important que pour l&apos;amateur d&apos;un
jour, il est difficile de faire preuve de discernement. Les vrais tenants du
savoir-faire c&#xf4;toient les opportunistes qui d&#xe9;cr&#xe9;dibilisent petit &#xe0; petit la
r&#xe9;putation de Hoi-An. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;247&quot; height=&quot;369&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/54/46/169263/11978351.jpg&quot; alt=&quot;hoi_an_2&quot; /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thanh, je l&apos;ai rencontr&#xe9; lors de mon premier voyage au Vietnam, en 2001.&lt;br /&gt;
A mon arriv&#xe9;e &#xe0; Hoi-An, ce jour-l&#xe0;, j&apos;&#xe9;tais parti visiter la ville avec mon
carnet &#xe0; dessin sous le bras. La beaut&#xe9; des rues et l&apos;ambiance qui s&apos;en
d&#xe9;gageait, contrastait avec mes pr&#xe9;c&#xe9;dents arr&#xea;ts. Ca me semblait plus beau que
Nha-Trang, plus propre que Saigon et collait bien &#xe0; cette image idyllique d&apos;un
Vietnam r&#xea;v&#xe9;, que l&apos;on s&apos;imagine avant de quitter la France. Seulement les
boutiques de souvenirs, l&apos;art local au kilom&#xe8;tre, ce n&apos;est pas vraiment ma
tasse de th&#xe9; et croiser des troupeaux de touristes en batterie m&apos;agace assez
vite. &lt;br /&gt;
J&apos;arrive devant un pont sans rambarde qui enjambe la rivi&#xe8;re. Derri&#xe8;re moi, je
laisse les vacanciers press&#xe9;s prendre leurs photos et tandis qu&apos;ils s&apos;affairent
&#xe0; leurs achats, je franchis quelques m&#xe8;tres au dessus de l&apos;eau pour passer d&apos;un
monde &#xe0; l&apos;autre. Je me retrouve &#xe0; An-Hoi. &lt;br /&gt;
De ce c&#xf4;t&#xe9;-ci, il n&apos;y plus la moindre incursion ext&#xe9;rieure. J&apos;ai l&apos;impression
d&apos;avoir fait un bond dans le temps. Je suis cent ans en arri&#xe8;re. Les maisons
sont en bois, entrelas de branches non d&#xe9;grossies, les chemins sont en terre
battue, ils m&#xe8;nent au del&#xe0; du d&#xe9;dale des rues jusqu&apos;&#xe0; une for&#xea;t de bambou, &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; d&apos;un champ
humide o&#xf9; pullulent les grenouilles. Des poules picorent autour de moi et les
gens me sourient, me regardent comme si ils n&apos;avaient jamais vu un &#xe9;tranger.
Pour aussi incroyable que cela puisse para&#xee;tre, ici jamais un visiteur ne
vient. Il n&apos;y a pas de magasin de babioles, pas de caf&#xe9; avenant, le touriste
organis&#xe9; n&apos;a rien &#xe0; voir, rien &#xe0; acheter dans le Vietnam des pauvres gens qui
n&apos;ont rien &#xe0; vendre. &lt;br /&gt;
Depuis sa petite terrasse, un homme s&apos;adresse &#xe0; moi. Il parle fran&#xe7;ais et
m&apos;invite &#xe0; venir discuter avec lui. Il m&apos;a vu avec mon carnet de croquis et
aimerait d&#xe9;couvrir ce que je fais. Il s&apos;appelle Thanh. Il est sensible &#xe0; la
po&#xe9;sie, &#xe0; la musique et &#xe0; l&apos;art en g&#xe9;n&#xe9;ral. La rencontre est simple et nous
partageons le th&#xe9;, qu&apos;il m&apos;offre pour la premi&#xe8;re fois.&lt;br /&gt;
Le soir venu, nous admirons les &#xe9;toiles depuis la petite cabane en bois qu&apos;il
s&apos;est construit devant chez lui. Il me tend une pipe fourr&#xe9;e d&apos;un tabac au go&#xfb;t
menthol&#xe9;. Le chant des batraciens r&#xe9;sonne en fond sonore. Thanh entonne
quelques chansons vietnamiennes. Il aime beaucoup cet endroit, il s&apos;est
install&#xe9; ici pour le calme qui y r&#xe8;gne. &lt;br /&gt;
Nous nous donnons rendez vous le lendemain &#xe0; 17 heures.&lt;br /&gt;
J&apos;ai invit&#xe9; Achim Koehler, un voyageur &#xe9;patant rencontr&#xe9; dans le dormitory que
je partage avec lui et deux autres personnes. Thanh nous attend pour une
excursion sur la rivi&#xe8;re. Nous allons &#xe0; la p&#xe8;che sur sa barque.
Un ami l&apos;accompagne, nous sommes quatre. La nuit tombe lorsque nous embarquons.&lt;br /&gt;
Les lumi&#xe8;res qui jalonnent notre route sont celles des pi&#xe8;ges &#xe0; crevettes.
Suspendus depuis des plateformes sur pilotis, des n&#xe9;ons flottent au dessus des
eaux. Les sources lumineuses attirent les crustac&#xe9;s dans de grands filets que
les p&#xea;cheurs remontent une fois plein. La ballade est exceptionnelle. Des ponts
en bois tendus entre les deux rives d&#xe9;filent au dessus de nos t&#xea;tes. &lt;br /&gt;
Nous atteignons le lieu d&apos;o&#xf9; nous allons tirer notre futur d&#xee;ner. Depuis la
barque, nous lan&#xe7;ons nos lignes au hasard. Achim et moi ne sommes pas des
p&#xea;cheurs &#xe9;m&#xe9;rites. Mais Il se trouve que Thanh et son ami non plus. Au terme
d&apos;une petite heure de rigolade, pendant laquelle nous gaspillons nos app&#xe2;ts
sans compter, nous sommes oblig&#xe9;s de renoncer &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de manger le produit de
notre p&#xea;che. Nous sommes bredouilles et la soupe &#xe0; l&apos;eau ce n&apos;est pas tr&#xe8;s
go&#xfb;tu. &lt;br /&gt;
Le conducteur du bateau reprend alors les commandes et nous entra&#xee;ne pour une
destination connue de lui seul. Thanh joue de la guitare. Il est environs dix
heures du soir. Nos estomacs gargouillent, mais cette aventure est jubilatoire.
Dans l&apos;obscurit&#xe9;, quelques lumi&#xe8;res attirent notre regard. Nous nous dirigeons
vers elles. J&apos;ai l&apos;impression d&apos;&#xea;tre comme une crevette &#xe0; mon tour. O&#xf9;
sommes-nous exactement? Loin de Hoi-an? Nous finissons par atteindre un
groupement de trois bateaux. Les hommes qui attendent l&#xe0;, En plein milieu de nulle
part, sont des vendeurs de poissons. C&apos;est un march&#xe9; flottant! Nous cuisinons
enfin &#xe0; bord de notre embarcation le fruit de notre... De nos achats. Il y a
toujours un endroit o&#xf9; l&apos;on vend de quoi manger au Vietnam, m&#xea;me sur l&apos;eau et
en pleine nuit!&lt;br /&gt;
Le lendemain, je reviens dire adieu &#xe0; Thanh car mon d&#xe9;part pour Hue est proche.
Je ne sais quand je le reverrai. Il me consid&#xe8;re comme son ami et c&apos;est
r&#xe9;ciproque. J&apos;ai pass&#xe9; avec lui quelques uns de mes meilleurs moments au
Vietnam. Il nous demande &#xe0; Achim et moi de lui rembourser la location de la
barque, ce qui je m&apos;en souviens, sur le moment nous surprend un peu. Pourquoi
ne nous l&apos;a-t-il pas demand&#xe9; la veille? Elle n&apos;est pas &#xe0; lui cette barque? Je
me surprends &#xe0; me demander si cette amiti&#xe9; n&apos;est pas motiv&#xe9;e par des raisons
d&#xe9;tourn&#xe9;es. Je suis un peu d&#xe9;sar&#xe7;onn&#xe9;... C&apos;est parce que ce genre de situation
m&apos;est d&#xe9;j&#xe0; arriv&#xe9; auparavant. L&apos;accumulation de ces petites d&#xe9;ceptions finie
par brouiller les rep&#xe8;res. Quand l&apos;argent s&apos;en m&#xea;le, la confiance que l&apos;on
accorde aux autres est &#xe0; chaque fois un peu remise en question... On r&#xe9;agit au
quart de tour. Mais Thanh ne nous demande rien de moins, rien de plus que de
partager avec lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand nous nous quittons, je ne sais pas encore que je reviendrai au Vietnam
quatre ans plus tard et que je le retrouverai avec autant de joie sur le perron
de sa maison. Nous reboirons souvent le th&#xe9; ensemble. La for&#xea;t de bambou aura disparu pour laisser place &#xe0; un resort
flambant neuf, la mare o&#xf9; les grenouilles coassaient n&apos;existera plus et des
maisons au style standard auront remplac&#xe9; les espaces de verdure o&#xf9; les poules
caquetaient. La cabane en bois aura &#xe9;t&#xe9; ras&#xe9;e depuis longtemps et un bar fera
profiter des d&#xe9;cibels de sa musique &#xe0; toute la rue. Pourtant Thanh continue de
jouer de la guitare, de raconter des histoires et d&apos;aller &#xe0; la p&#xe8;che avec ses
amis, toujours pour ne ramener aucun poisson, sinon de beaux souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;567&quot; height=&quot;374&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;Hoi_an&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/25/16/169263/9205679.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 29 Dec 2006 09:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>Un space op&#xe9;ra italo-vietnamien</title><dc:creator>pages sauvages</dc:creator><link>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2006/12/18/3462284.html</link><comments>http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2006/12/18/3462284.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pagessauvages.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/3462284/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pagessauvages.canalblog.com/archives/2006/12/18/3462284.html</guid><description>&lt;p&gt;In a galaxy far, far away... Au Vietnam, donc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&apos;affiche &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; en vue devant le cin&#xe9;ma trois mois avant qu&apos;il ne soit projet&#xe9; en salle. &lt;br /&gt;J&apos;ai attendu tout ce temps avant de le voir ce Star wars. Trois mois pendant lesquels la programmation cin&#xe9;matographique &#xe9;tait si pauvre, que ce film s&apos;&#xe9;tait par&#xe9; &#xe0; mes yeux d&apos;un aura quasi messianique. &lt;br /&gt;Oh bien s&#xfb;r, j&apos;aurais pu le regarder dans ma chambre d&apos;h&#xf4;tel tranquille, sur un DVD pirate que j&apos;aurais achet&#xe9; en bas de ma rue, au moins quatre mois avant sa sortie sur les &#xe9;crans vietnamiens, mais j&apos;ai pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; vivre le grand frisson dans l&apos;environnement appropri&#xe9;. &lt;br /&gt;Je n&apos;ai pas &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;&#xe7;u. L&apos;ambiance y &#xe9;tait. Enfin pas exactement celle &#xe0; laquelle je m&apos;&#xe9;tais pr&#xe9;par&#xe9;. En fait, on aurait plut&#xf4;t dit celle du film &amp;quot;Cin&#xe9;ma Paradiso&amp;quot; de Giusseppe tornatore... Oui, il y avait l&#xe0; les gens qui crient quand le m&#xe9;chant fait son apparition, ou ceux qui arrivent en milieu de projection, ceux qui jouent avec leur portable, ceux qui mangent du pop corn en faisant des commentaires. Ils &#xe9;taient tous l&#xe0;! Ambiance populaire garantie. &lt;br /&gt;Clou du spectacle, il y avait en plus tous ceux qui se sont lev&#xe9;s imm&#xe9;diatement apr&#xe8;s l&apos;incontournable sc&#xe8;ne finale. Pas celle qui pr&#xe9;c&#xe8;de le g&#xe9;n&#xe9;rique, hein! Pas L&apos;&#xe9;pilogue. Non, non, c&apos;est du superflu &#xe7;a. &lt;br /&gt;Non, je veux parler de la sc&#xe8;ne d&apos;action ultime. Tout le monde est parti apr&#xe8;s la derni&#xe8;re explosion, la derni&#xe8;re goutte de sang, la derni&#xe8;re baffe au sabre laser. L&apos;essentiel a donc &#xe9;t&#xe9; vu, c&apos;est qu&apos;il ne faudrait surtout pas sortir sa moto du parking apr&#xe8;s les autres! &lt;br /&gt;Et moi je suis rest&#xe9; presque seul dans cette grande salle pour admirer le coucher de soleil sur Tatooine, tandis que le vrai lui, s&apos;&#xe9;tiolait, se d&#xe9;coupant sur l&apos;horizon des buildings de Saigon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img width=&quot;379&quot; height=&quot;579&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/98/23/169263/8983807.jpg&quot; alt=&quot;star_wars&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 18 Dec 2006 16:34:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>